Marie-Justine Arandiga

Baby-clash

Le baby-clash, qu’est-ce que c’est?

On appelle baby-clash la période de turbulences quasi inévitable qui secoue le couple à l’arrivée d’un enfant (plus particulièrement le premier).

Pourquoi est-ce aussi fréquent ?

Simplement parce que la naissance d’un enfant impose une évolution personnelle de chaque parent, évolution qui n’est déjà pas toujours évidente d’un point de vue individuel mais qui, en plus, doit s’ajuster à l’évolution du conjoint.
La naissance d’un nouvel équilibre de couple est de fait nécessaire mais difficile à trouver.

Explications

Lorsque l’enfant naît la mère doit pouvoir répondre à ses besoins physiologiques, affectifs et psychologiques à travers les soins qu’elle va lui prodiguer et la tendresse qu’elle va lui apporter.
Non selon cela demande du temps mais aussi un engagement émotionnel important qui, d’une manière générale, se fait naturellement.
C’est le temps de la fusion mère/enfant nécessaire à la survie du nourrisson et à son développement psycho-affectif, mais c’est aussi le temps où la place du père reste à définir.

La place du conjoint va évoluer.
Lors de la naissance du premier enfant le conjoint, jusqu’alors unique objet d’amour, va devoir accepter de partager sa compagne et de voir le temps alloué à son couple se réduire de manière drastique.

Lors des premiers mois de l’enfant, chacun va devoir endosser un nouvel rôle, celui de parent, avec la fatigue et les angoisses que cela peut supposer.

Devenir père signifie pour de nombreux hommes devenir chef de famille avec les responsabilités que cela implique. « Serais-je à la hauteur du modèle familial idéalisé ? »
Voilà une question génératrice d’angoisse qui hante le quotidien de certains nouveaux pères.

En parallèle, devenir mère, génère aussi de nombreux questionnements.
Le premier « serais je à la hauteur des besoins de mon enfant? » est omniprésent dans le quotidien des jeunes mamans. C’est un questionnement récurrent que l’on retrouve généralement tout au long de la vie d’une mère. Celui-ci reste néanmoins à double tranchant puisque, s’il permet une remise en question régulière souhaitable du rôle de mère, il impose aussi de fait des exigences très élevées parfois génératrices d’épuisement psychologique.

Ce sujet a été largement étudié par les psychanalystes notamment par Donald Winnicot qui développa au début du XXème siècle la notion de « mère suffisamment bonne » : celle qui sait donner des réponses équilibrées à un nourrisson, ni trop, ni trop peu.

Parfois les exigences de perfection de la mère sont à tel point envahissantes que non seulement celle-ci se fatigue à tenter de les atteindre, mais, en plus, cela empêche le père de trouver sa place.

Car c’est en effet le rôle du père que de casser cette fusion mère/enfant.

Ce moment où le père parvient, dans une certaine mesure, à casser cette fusion est primordial dans la construction de l’enfant et dans la recherche d’un nouvel équilibre pour le couple.
Grâce à cette action, le père donne une place à chacun dans cette nouvelle famille, de fait, la mère peut aussi redevenir femme, statut qui lui fait souvent défaut lors des premiers mois de l’enfant.

Chaque étape, si simple et naturelle sur le papier, ne peut se faire en totale harmonie.
La recherche d’un nouvel équilibre est un moment souvent compliqué durant lequel les couples peuvent avoir besoin d’un accompagnement temporaire, voilà pourquoi il est fréquemment nécessaire de consulter un spécialiste à cette étape charnière de la vie d’un couple.